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Maria Ramard, docteure en génie mécanique

le 11 février 2026

ENS Rennes

Après trois années intenses entre l’ENS Rennes, l’Institut de Physique de Rennes et l’entreprise Rossignol en Mayenne, Maria Ramard a soutenu sa thèse CIFRE le 5 décembre 2025.Son parcours, guidé par la curiosité, illustre la richesse des trajectoires hybrides, entre l’enseignement, la recherche et l’industrie.

Maria Ramard

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Après un bac scientifique option physique-chimie à l'École des pupilles de l'air, un lycée militaire près de Grenoble, Maria poursuit en IUT Génie mécanique et productique à l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens, puis en école d’ingénieur à l’INSA Strasbourg, en alternance.

Elle découvre alors l’automobile, la maintenance, puis la fabrication : « J'ai travaillé dans l'automobile, 2 ans en maintenance et ma dernière année en méthode de fabrication. J'ai eu la chance de participer à un projet d'intégration d'une nouvelle ligne de production pour l'électrification des véhicules, J'ai pu réceptionner une cinquantaine de machines à travers l'Europe », raconte‑t‑elle avec enthousiasme.

Après l’obtention de son diplôme, curieuse d’explorer l’enseignement, elle envisage une thèse. « J'avais en tête de tester si l'enseignement était quelque chose qui pourrait me plaire, et puis c'était challengeant personnellement ». Elle souhaite aussi intégrer les enjeux environnementaux dans son travail et répondre de manière plus globale aux problématiques qui touchent les industries. Elle dépose alors son CV sur le site de l’Association Bernard Gregory, spécialisée de l’évolution professionnelle et le recrutement des doctorants et docteurs. Olivier Kerbrat, professeur des universités au département Mécatronique de l’ENS Rennes le remarque et lui propose une thèse CIFRE. « Mon parcours technique correspondait tout à fait à l'offre », souligne‑t‑elle.

Son sujet de thèse, « Stratégies de conception et de production durables appliquées aux pièces métalliques découpées au laser : vers une aide à la décision multicritère combinant les performances technico-économiques et environnementales », s’inscrit dans une problématique à la fois industrielle et sociétale : concevoir et produire de manière durable des pièces métalliques découpées au laser. Rossignol venait tout juste d'acquérir sa première machine de découpe laser. « Mon rôle était d’en comprendre le procédé, d’optimiser la qualité, et surtout d’intégrer l’impact environnemental dans les choix de conception », explique Maria. 

Pendant trois ans, Maria alterne entre un mois en entreprise et un mois à Rennes, jonglant entre les réalités industrielles et la rigueur académique. Un rythme exigeant mais formateur : « Il ne faut pas se dire que c’est inaccessible. On n’a pas besoin d’être expert en tout : il faut savoir s’entourer, échanger, comprendre les expertises de chacun. C’est un travail d’équipe ! ».

Elle explore d’autres sites industriels du groupe, teste la transférabilité de ses travaux et développe deux cadres méthodologiques duplicables à d’autres procédés. « J’ai acquis une méthodologie de travail très rigoureuse », souligne-t-elle. Mais surtout, elle a découvert une véritable vocation : enseigner ! Maria enseigne à l’IUT GMP de Rennes, à l’Université de Rennes (masters Sciences pour l’ingénieur et Transition environnementale dans l’industrie) et auprès des élèves de l’ENS Rennes. « J’étais stressée pour mon premier cours… et quand je suis sortie, j’avais le sourire jusqu’aux oreilles. Ça ne m’a pas lâché pendant trois ans ! » Avec le recul, elle se découvre un attachement particulier pour l’IUT, lieu qui a marqué son propre parcours. « Je m’identifie beaucoup aux élèves », confie‑t‑elle.

Habituée aux environnements masculins, Maria veille néanmoins à adresser un mot aux étudiantes qu’elle croise : « Je leur dis de persévérer, que la mécanique c’est super, et que les obstacles ne sont pas si nombreux. J’ai toujours été entourée d’hommes bienveillants. » Elle s’engage aussi dans des programmes de sensibilisation comme Filles et maths et intervient auprès de collégiennes et lycéennes en Bretagne pour rendre les sciences plus accessibles et plus naturelles, loin des clichés.

À présent, Maria souhaite candidater pour un poste de maîtresse de conférences, sans exclure un post-doctorat à l’étranger. « Cette expérience m’a donné une nouvelle vision : je veux continuer à combiner recherche, enseignement et lien avec l’industrie. »
Thématique(s)
Vie de l'École, Vie des personnels

Mise à jour le 11 février 2026